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5 Noises

2179 jours

23 juillet 2007

Cet article ne comprend pas de révélations.

C’est fini. J’ai fini.

Pour moi, Harry Potter a commencé en août 2001. 2179 jours de questionnements, de théories, de débats. Cette longue attente est enfin terminée, malgré moi. Je voulais lire le septième tome, mais je ne voulais pas lire le dernier tome. Ou en tout cas, pas la dernière phrase. Il ne fallait pas que ça finisse, mais j’étais incapable de m’arrêter de lire, j’ai dû me contenter de ralentir ma lecture au maximum.

Comme tout le monde, j’avais beaucoup d’attentes sur ce dernier tome. Je voulais tout savoir sur les Horcruxes, la naissance de Poudlard, l’enfance de Dumbledore, l’adolescence de James et Lily, la vie adulte de Harry et Ginny (en admettant, en espérant qu’ils atteignent l’âge adulte). Comment J.K. Rowling allait-elle pouvoir tout faire tenir en 607 pages ?

Tout commence très vite. On est immédiatement dans le vif de l’action. Tout en commençant à donner des réponses, J.K. Rowling ajoute de nouvelles questions. Je me suis mis à douter de mes certitudes les plus absolues. Des points dont j’étais convaincu se sont révélés totalement faux.

J.K. Rowling a déclaré, à propos de son roman préféré : « À chaque fois que je le relis, je me demande comment j’ai pu ne pas deviner la fin, mais le fait est que je ne connais personne qui l’ait devinée. Quand je mets une surprise à la fin d’un Harry Potter, je sais bien que je ne pourrai jamais faire aussi bien que Jane Austen dans Emma. »

Sachant que J.K. Rowling cherchait à nous surprendre, j’avais imaginé les hypothèses les plus folles. Beaucoup me paraissent désormais ridicules, mais j’espérais pouvoir dire, si ce n’est "je le savais", au moins "j’avais envisagé la possibilité". Bah voyons. Je me suis fait avoir. Les deux moments où je me suis arrêté de lire pour le plus longtemps ont été deux moments où j’ai voulu me taper la tête contre le mur pour ne pas avoir compris quelque chose qui était évident. C’était évident, et pourtant, nous sommes tellement nombreux à nous être fait avoir. C’est mieux comme ça. J’aurais sans doute été déçu si j’avais réussi à tout deviner. Bien sûr, il y a des points sur lesquels les fans avaient deviné juste, mais je ne connais personne qui puisse prétendre avoir vraiment compris le noyau de l’intrigue, alors que tous les indices étaient là.

C’est donc un livre plein de réponses. Sans doute pas toutes les réponses que j’aurais aimé, mais beaucoup de réponses. Effectivement, 607 pages ne suffisaient pas à tout dire, mais tout ce dont nous avions vraiment besoin est là. Surtout, il y a beaucoup de réponses à des questions que nous ne nous étions jamais posées, des petits personnages qui reviennent, des objets mentionnés en passant qui prennent toute leur importance.

Par moments, j’ai même trouvé qu’il y en avait trop, qu’à force d’informations, on perdait de vue l’intrigue générale. Mais c’était en fait assez agréable : le livre est tellement rapide qu’il est reposant de faire une pause de quelques instants pour se plonger dans le passé d’un des personnages, pour s’éloigner de cette ambiance de guerre de tous les instants.

La fin est magistrale, exactement ce que j’espérais. On pleure, on rit, on pleure de rire, on pleure en riant. Même les passages du malheur au bonheur sont extrêmement rapides. Les morts sont nombreuses, mais je les ai trouvées moins difficiles à supporter que celle de Dumbledore dans le tome 6. Les trois chapitres de deuil de Dumbledore me font pleurer à chaque lecture. Ici, c’est la guerre, on n’a pas le temps de s’arrêter longtemps sur la mort d’un personnage. C’est très dur, très cassant.

Beaucoup de gens disent du tome 5 que c’est celui où on voit Harry grandir, passer à l’âge adulte. Je trouve que c’est bien plus vrai du tome 7, et pas juste pour Harry. Harry et tous ses amis achèvent leur initiation, ils se métamorphosent. On se retrouve avec un livre qui n’est clairement pas pour enfants. Pas seulement parce qu’il y a des morts, mais surtout parce que J.K. Rowling a su éveiller son côté le plus sadique en parlant des actions immondes de Vous-Savez-Qui et de ses acolytes. J’ai eu des réactions de dégoût en lisant les horreurs qu’ils sont capables de commettre. Je suis mal à l’aise rien qu’en y repensant.

Certains ont été déçus par l’épilogue. Il est vrai que J.K. Rowling avait annoncé un épilogue qui décrirait l’avenir des survivants. Elle aurait pu faire une liste exhaustive de tous les survivants et leur consacrer quelques mots à chacun. Cela aurait répondu aux questions des fans, mais ce n’aurait pas été une lecture agréable. Je préfère donc son choix d’un épilogue qui montre l’humeur générale à la fin de la saga, quitte à laisser de nombreuses interrogations ouvertes.

Car des interrogations, il en reste. Toutes les réactions que j’ai pu lire finissent par "Merci, Jo, pour toutes ces réponses". Ce n’est pas ce que je ressens. Après 2179 jours, je suis heureux d’avoir toutes ces réponses. Mais surtout, je suis heureux de pouvoir continuer à m’interroger, à analyser chaque ligne des sept tomes, à rêver et à vivre le rêve. Alors merci, Jo, pour toutes ces questions.

Ça ne finira jamais.


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