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Entretiens avec Jack Thorne, scénariste de Harry Potter et l’enfant maudit

10 mars 2017

Alors que l’univers magique d’Harry Potter s’étend à un rythme effréné dans plusieurs directions, la Gazette s’intéresse aux auteurs associés à la mère de la saga originelle. A l’occasion de la sortie de sa première comédie musicale, Junkyard, la Gazette a passé en revue les interviews de Jack Thorne dans la presse, et vous propose des morceaux choisis en guise de portrait.

À l’occasion de la sortie de sa première comédie musicale, Junkyard, et après le carton plein de Harry Potter and the Cursed Child aux dernières remises de prix théâtrales, Jack Thorne a accordé de nombreuses interviews. La Gazette en a sélectionné deux, celle du Leaky Cauldron et celle du Stage, et vous en livre l’essentiel. Vous pouvez retrouver ICI un article similaire sur John Tiffany, metteur en scène de la pièce.

Jack Thorne (par la suite abrégé en J.T.)
The Leaky Cauldron (par la suite abrégé en L.C.)
The Stage (par la suite abrégé en T.S.)

À propos de Jack Thorne.

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L.C : Nous avons eu beau chercher, pas moyen de trouver la réponse, où que ce soit : quels sont votre maison et votre patronus ?
J.T : Serdaigle, et fier de l’être. Mon patronus est une taupe.

T.S. : Quel a été votre premier boulot en dehors du théâtre ?
J.T : J’étais animateur chez McDonalds, j’organisais des fêtes tous les dimanche.

T.S. : Quelle était votre principale source d’inspiration ?
J.T : Un mélange des pièces de Tchekhov – Trois Sœurs était sûrement ma préférée, je peux relire cette pièce tous les jours et y puiser quelque chose de nouveau à chaque lecture – et de ce qui passait à la télévision vers 18h : Press Gang [Ndlr : de Steven Moffat], La Vie à Cinq ou encore Dawson dont j’étais particulièrement fan.

La Minute Dumbledore...
T.S. : Est-ce que vous avez des rites ou superstitions théâtrales particulières ?
J.T. : J’ai une paire de chaussettes porte-bonheur qui m’ont été offertes par ma femme et que je porte chaque soir de première.

Harry Potter and the Cursed Child

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À propos de l’écriture de Cursed Child, et du personnage de Ron :
"Je ne sais toujours pas comment tout s’est formé. Nous nous sommes longuement concertés, et avons commencé à le développer à partir de cette base. J’ai écrit la majeure partie du texte, mais tout le monde l’a nourri de commentaires et de corrections. Une fois qu’on a été satisfaits de l’histoire, j’ai commencé à écrire les dialogues. Donc ça c’est un peu fait comme ça, et il fallait que ça fonctionne. Si on prend l’exemple de Ron, je ne sais pas qui a écrit ses répliques, de moi et Paul Thornley. Il a eu un impact considérable sur la pièce - il était tellement drôle et génial qu’il m’a inspiré : je voulais écrire des répliques qui soient à la hauteur de sa performance d’acteur. [...] Nous avons fait tellement d’ateliers participatifs que beaucoup de personnes ont apporté leur touche à la pièce finale. Tout au long des préparatifs, John Tiffany auditionnait et faisait entrer dans notre troupe ceux qui trouvaient quelque chose à redire au script, ou qui avaient de bonnes idées pour l’améliorer. À la fin, on s’est donc retrouvés avec le meilleur texte possible."

Pour illustrer cette ambiance collaborative, souvenons-nous de la vidéo partagée en avril 2016 qui nous invitait à suivre Rowling dans les coulisses de la pièce.

J.T : "Cursed Child fait partie de ces pièces qu’il faut voir en personne. Je sais que beaucoup de fans n’auront pas cette chance, mais le théâtre est avant tout une affaire de ressenti, d’expérience.“

L.C : "Est-ce que travailler avec J.K. Rowling a éclairé votre pratique de l’écriture ?"
J.T : "Considérablement, parce qu’elle est la meilleure. Vous le savez comme moi, prendre part à l’une de ces histoires change votre vie, change votre esprit, alors avoir la chance de travailler avec elle a été incroyable. Je n’ai pas hésité un instant. Travailler avec elle a été une excellente expérience, et a grandement influencé mes décisions narratives et mon style."

L.C : "Certains personnages ont-ils plus suscité votre curiosité que d’autres, au moment de travailler sur Cursed Child ?"
J.T :"Chacun d’entre eux ! Scorpius est un super personnage, bien plus cool et séduisant que moi ! Pour moi il s’agissait de plonger dans les mauvaises expériences que chacun connaît de l’école, celles des jeunes recalés sur le banc de touche, et de raconter ces histoires. Je n’ai moi-même pas passé les plus belles années de ma vie à l’école, et aborder ainsi les choses depuis cet angle. était important pour moi."

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Junkyard, et un peu de John Cleese

Nous sommes en 1979 dans les rues jonchées d’ordures de Lockleaze, et grandir peut être piégeux pour Fiz, Higgy et Ginger. Rick se souvient de ce que c’était d’être un adolescent. Alors quand il décide d’acheter un terrain de jeu délabré, il pense avoir assez de charisme pour mobiliser cette bande d’enfants réticents. Il se trompe. Inspiré de l’histoire du terrain de jeu de Lockleaze connu en tant que "The Vench", créé il y a plus de trente ans, Junkyard est une histoire de Bristol, pour Bristol.

L.C : John Cleese (Nick Quasi-sans-tête dans les films) était présent à l’inauguration du terrain de jeu. C’est à croire qu’Harry Potter vous poursuit !
J.T : "John Cleese était allé à l’école privée Clifton, l’avait détestée, mais s’était résigné à aller jusqu’au bout parce que sortir de l’école avec une éducation était ce qu’il pouvait arriver de mieux. Il pensait à l’époque que les Monty Pythons étaient plus adressés à la classe moyenne, mais il fut surpris de voir toutes les familles de ce quartier populaire habillées sur leur 31 pour l’inauguration du terrain de jeu."

L.C : Junkyard est votre première comédie musicale : en quoi les procédés d’écriture de ce genre diffèrent-ils de ce à quoi vous êtes habitué ?
J.T : C’était complètement différent. J’ai beaucoup travaillé avec le compositeur Stephen Warbeck sur la musique, et je pensais que quelqu’un d’autre pourrait écrire les paroles - j’avais laissé des blancs dans le texte, au début. Et puis finalement je me suis mis à les écrire, ce qui représentait pour moi quelque chose de complètement nouveau. [...] C’était merveilleux de pouvoir travailler avec Stephen Warbeck, un auteur oscarisé !!"

Conclusion.

Alors que nous menions dernièrement une réflexion sur le canon dans le monde magique d’Harry Potter , il devient nécessaire de s’intéresser aux nouveaux auteurs auxquels est confié le développement de l’univers.

Si nous avions observé qu’était "canon", pour les fans, en premier lieu ce qui sortait de la bouche de JKR, nous émettons aujourd’hui une première grande réserve : les méthodes de travail consultatives et ouvertes mises en place pour Cursed Child (mais aussi, dans une toute autre mesure, pour la réalisation des huit films, pour lesquels de nombreux choix artistiques et scénaristiques ont échappé à Jo) vont clairement dans le sens d’un éclatement du canon et d’un effacement de la figure d’autorité qu’est Rowling. De là à dire, ou à chanter, que Cursed Child n’est pas canon, il n’y a qu’un pas, et nous le franchissons.

Retrouvez les entretiens originaux et complets, en anglais, sur le site du Leaky-Cauldron et celui du Stage.

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